Bundi, tank, réservoir et palais perdu

Bundi, tank, réservoir et palais perdu

18 avril 2019 0 Par Guillaume

J5, J6 : Bundi

1-2/4/2019

A notre arrivée à Bundi Junction depuis Chittorgarh, 2 conducteurs de tuktuk se ruent vers nous. Nous alimentons l’échange avec des prix de plus en plus bas et partons l’un des 2, défoncé au bétel. Il passe son temps à klaxonner… Encore plus que les autres.

Bundi est une petite ville à l’Est d’Udaipur et au nord de Kota. Elle est en dehors des circuits touristiques traditionnels. Les rencontres sont soit disant plus authentiques. L’ancien palais et le fort sont quasi abandonnés.

Pour nos 2 nuits à Bundi, j’avais sélectionné un hébergement un peu haut de gamme, Dev Niwas. C’est un Haveli, vieille bâtisse ancienne avec beaucoup de charme. Je m’attendais à un bel accueil professionnel. Maussade, le responsable nous explique qu’il n’a pas notre réservation. La chambre est grande et propre. L’hôtel ne semble pas proposer le moindre service ou renseignement sur la ville.

La sélection de restaurant pour dîner est toujours aussi complexe pourtant nous voulons des aliments frais, bien cuit, peu épicé dans un lieu pas trop sale et pas trop bruyant. Nous trouvons notre bonheur à proximité de l’entrée du City palace. Nous y mangerons le lendemain !

Départ pour l’ouverture avec des fruits dans le sac à dos. Nous entrons dans le palais de Bundi. Il se compose de 3 parties, le fort, la partie haute du palais et la partie basse du palais.

Le fort est totalement à l’abandon. Un chemin raide y mène sur lequel nous rencontrons un couple de français. Nous avons été mis en garde à l’entrée du site de la présence de large groupe de macaque qui peuvent être agressifs. Nous sommes donc armés de bâtons. La montée se passe sans problème mais nous rencontrons un anglais qui a eut un peu peur avec son guide.

La vue sur la ville bleue est sympa. L’entrée dans le fort abandonné est étonnante. La végétation a repris ses droits et on a le sentiment d’être des aventuriers.

Nous arpentons les différents bâtiments et les réservoirs en contournant des épineux (prévoir de bonnes chaussures !).

Seule partie du fort habitée, une grosse tour avec de nombreuses antennes. Il s’agit d’un poste de police 🙁 Après l’expérience de Khumbalgarh, je ne sors pas le drone 🙁

A la recherche d’oiseaux, nous avons poussé la balade jusqu’au temple le plus à l’Est.

A la descente le large groupe de macaque se trouve à la porte d’accès. Nous marchons d’un pas ferme en faisant raisonner les bâtons sur le sol sans les regarder sans les yeux. Les individus s’écartent mais d’autres nous suivent plus menaçant. Maryne frappe un grand coup contre la porte avec son bâton. Ça suffira à les effrayer et les distancer.

Il fait chaud et il y a moins d’air quand nous arrivons au premier accès du palais en descendant. Le jardin avec son bougainvillier est agréable. Un employé nous ouvre une grille et nous montre des peintures avec des scènes de la vie de Krishna et Shiva. C’est très beau et l’employé est très gentil 🙂

Le dernier accès est une immense porte qui devait permettre le passage du Maharaja sur son éléphant. Le palais est immense. Dans une salle plus loin, un employé nous demande si nous aimons les peintures. Sans que nous comprenions la raison, il nous rejoint et nous ouvre des portes vers les chambres des reines et du Maharaja. Nous découvrons de belles pièces décorées de peintures faites il y a plusieurs siècles !

« douyoowantosibath ? »

« heuuu, des bains ? »

Il ouvre une porte. Un grand escalier descend dans la pénombre. Nous ne voyons pas le fond. Le sol est mou. Je lève la tête pour apercevoir des chauve-souris à quelques dizaines de centimètre. Elles s’envolent frôlant nos têtes avec leurs ailes vers le fond sombre de l’escalier. Nous descendons doucement. A la moitié des escaliers, nous entrons dans une grande pièce par une ouverture sur la gauche. Le plafond est couvert de chauve-souris. Elles s’envolent par groupes en poussant de petits cris tandis que nous avançons tête basse sur le sol mou. Nous avons le sentiment d’être les premiers à découvrir ces espaces fermés du palais abandonné. Nous découvrons plusieurs pièces jusqu’à arriver sur un patio avec une balançoire géante. Le palais s’étend immense au dessus de nos yeux et sous nos pieds. Ce sont les anciens quartiers du harem.

Le soleil est haut. La visite nous a pris au moins 4h. Nous quittons le palais avec des âmes d’enfant 🙂

En rentrant, nous rencontrons un membre sympathique du staff du Haveli. Il nous conseille plein de choses et nous propose même de nous emmener sur sa moto. Nous avons besoin de cash alors ce sera ATM et marché aux légumes.

Les odeurs sont toujours aussi fortes avec la présence de nombreuses vaches et de cochons en pleine ville. 2 vachettes s’énervent et se mettent à courir et charger créant un peu de chaos supplémentaire. La présence de ces vaches en ville me déstabilise. J’imagine les gens poursuivis par des vachettes avant d’aller au travail.

Le réservoir à proximité du marché est une véritable décharge. Il fait plusieurs dizaines de mètres de profondeur mais je ne peux m’empêcher de l’imaginer remplie intégralement de détritus. Un peu plus loin un groupe d’enfant se jette sur moi à la vu de mon appareil. Je me retrouve contraint de faire plusieurs photos de leurs mines bien photogéniques 🙂

Nous marchons sur la route face au palais. Elle offre une super vue pour le coucher de soleil avec le tank en contrebas.

Nous finissons par entrer dans le jardin du palais abandonné (ou transformé en musée) au bord du tank. Ce dernier est jonché de détritus. Nous nous imaginons transformer ce patrimoine qui s’effondre en belle résidence luxueuse. Le potentiel est énorme mais il n’y a sans doute pas les clients.

Le lendemain, nous profitons des petites rues bleues de la ville. Nous croisons un cortège bruyant avec des jeunes femmes. Madame fait réparer un pantalon pour quelques roupies. Certains des métiers qu’on croise dans la rue n’existent plus en France.

Le bus (pas trop lent) pour Jaipur part à 12h30. Nos gros sacs sont sous les sièges et dans l’allée. Il fait chaud mais le bus roule toutes fenêtres ouvertes. Vivement notre prochain hébergement.