Ascension du Pequeno Alpamayo

Ascension du Pequeno Alpamayo

19 septembre 2017 0 Par Guillaume

J8 : 11/9/2017

Par Eric (traduction François et Guillaume) :

Nous quittons le camp de base du Condoriri (4700m) fraîchement et céphalalgique (avec mal à la tête) vers l’Est en longeant le lac sur un sentier étroit d’ardoise, vers la moraine d’un glacier qu’on atteint facilement.

L’ascension du Pequeno Alpamayo (5410) démarre par une marche d’approche nocturne vers la langue glacière au milieu du silence et des regards allumés des Viscachas.

En bas du glacier, c’est le cérémonial quasi religieux de la pose des crampons et de l’ajustement du baudrier. Je suis 3eme de cordée derrière François pour une montée laborieuse derrière Hillarion, guide affûté et taiseux comme il se doit. Guillaume monte avec Marcello. Nous traversons des ponts de neige jusqu’au Tajira (5250m) avec des pentes de 45 degrés. Sur des arrêtes glacées, les crampons sont tes amis. Le coca commence à floculer.

Les premières lueurs du jour apparaissent lorsque nous sommes au sommet du Tajira. Pour atteindre le Pequeno Alpamayo, nous desescaladons le Tajira sans quitter nos pointes pour rejoindre un col 100m plus bas.

J’échange ma place de cordée avec Guillaume pour rejoindre Marcello.

Pequeño (requin !), je pense que la première arrête dépasse les 50 degrés car j’arrive à planter mon piolet sur la longueur.

L’arrivée au sommet est un soulagement. J’avais craint que la descente du Tajira n’entame la confiance et l’entrain de Guillaume et François mais dès le haut de la première arrête, dans la brume épaisse, j’aperçois leurs silhouettes grossières ainsi que la cordée d’Ariel et Alex.

De les voir gravir et déboucher au sommet comme des pénitents, exténués et ahannant (très essoufflé suite à un effort intense) a forcé mon admiration et confirmé leur opiniâtreté.

Moins de 30 minutes plus tard avec une visibilité quasi nulle, Marcello m’explique sommairement mais doucement le déroulement de la descente à savoir, direct.

Finalement la remontée du Tajira se révéle moins cruelle qu’attendu et me permet de souffler bien que Marcello estime qu’il s’agit d’un effort plus important que les recherches d’équilibre le long des arrêtes précédentes.

Nous attaquons les champs de neiges dont le récit et la trace n’eurent rien de bucolique. Nous étions au sommet à 9h30 et en bas du glacier vers 10h30.

Complément par Guillaume :

La météo était annoncée clémente jusqu’à 13h. En réalité, lors de l’ascension du glacier, des éclairs illuminaient les contours des montagnes et arrivés au premier col vers 7h, une brume épaisse s’est installée sur les sommets. Vents et neiges nous ont accompagné tout le retour.

L’ascension de l’arrête etait particulièrement éprouvante du fait de l’altitude, l’angle et l’absence de rythme dans la progression. Heureusement les encouragements d’Eric et Marcello nous ont hissé péniblement au sommet.

Descendre du Pequeno Alpamayo puis remonter le Tajira a été long et épuisant. Tous les 5-10 pas, nous nous arrêtions pour récupérer un semblant de nos forces au plus profond de nous. La suite sur le glacier a été plus simple avec la baisse progressive de l’altitude. Nous avons retrouvé Eric et Marcello en bas du glacier, inquiets, 1h après leur arrivée. Puis Marie, ravie de nous voir apparaître sous le mauvais temps dans le refuge.

La soupe d’Eugenia marque la fin de cette ascension qui restera dans les mémoires.